25 février 2009
Plus c'est long, plus c'est bon...
... dit le dicton.
Voici donc les étapes à suivre pour atteindre l'extase.
1. Choisir sa bête, de préférence de belle taille, un beau morceau, musclé et charnu.
2. Ne pas trop se préoccuper de la tendreté. Un peu tendu? Un peu résistant? Pas de problème : la méthode n'en sera que plus efficace.
3. Le surprendre à chaleur vive. Effet de surprise garanti : il en roussira de plaisir.
4. Le mettre aux parfums et l'enivrer de nos effluves d'épices et d'arômes. Le laisser s'en imprégner tranquillement. Ça y est! Ça bouillonne, ça s'échauffe?... la bête est ferrée!
5. Calmer les ardeurs. Ralentir. Baisser la chaleur. Laisser monter l'envie. Et le laisser mijoter quelques heures. Il ne vous résistera plus et fondra sous votre fourchette...
...Comment ça sous ma fourchette?!?... Je parlais d'un paleron de boeuf, moi!... Mais qu'aviez-vous donc compris???
BOEUF CONFIT AUX ÉPICES ET À L'ORANGE

1 paleron de boeuf (rôti de palette) avec ou sans os, d'environs 1,5 kilos
2 oignons émincés fin
2 gousses d'ail écrasées
1 grosse orange
100 ml de jus de tomate
250 ml de bouillon de poulet (ou eau)
2 cuillères à soupe de miel
2 cuillères à soupe d'épices moulues et mélangées: coriandre, cumin, fenugrec, moutarde, cannelle, curry, poivre noir.
1 cuillère à soupe de farine de pois-chiche ou farine de blé.
Sel et poivre
Préchauffer le four à 150c. (300f.)
Saisir vivement le paleron de boeuf de chaque côté. Saler et poivrer. Réserver.
Dans la même poêle, ajouter les oignons et l'ail.
Faire suer 2 minutes en remuant souvent.
Zester l'orange et la couper en deux. Prélever le jus sur une moitié du fruit et détailler l'autre moitié en gros cubes.
Ajouter le zeste et les épices mélangées aux oignons. Bien remuer et cuire 1 minute de plus.
Ajouter le reste des ingrédients puis remettre le boeuf. Saler, poivrer et porter à ébullition.
Mettre le tout dans un plat allant au four.
Couvrir et enfourner 4 à 5 heures. Découvrir les dernières 30 minutes pour laisser réduire les jus de cuisson.
Laisser reposer 1 heure avant de servir.

19 février 2009
À la recherche de la bosse perdue...
Non. Pas moyen. Impossible. Pas capable.
Mais pourquoi, Ô pourquoi, je ne suis jamais parvenue à faire pousser une bosse sur mes madeleines?
Pourtant je suis capable d'en faire pousser des bosses... j'ai fait des bosses sur la tête de Ti'coco! sur l'aile arrière de l'auto! dans le budget! Ben alors, pourquoi j'arrive pas avec les madeleines?!!
C'est que moi, c'est la bosse que je préfère dans la madeleine. Quand la bosse est bien gonflée et bien dodue. Quand je ne sais jamais si la bosse est le dessus ou le dessous de la madeleine. Quand c'est la bosse que je croque en premier, au complet, une seule bouchée...juste avant de tremper ma madeleine dans mon chocolat chaud (Désolée Marcel, moi, c'est le chocolat chaud avec la madeleine qui me replonge en enfance, et non le thé!!!).
J'ai tout essayé : four chaud, moins chaud, dans le bas du four, au centre, dans le haut, changer de farine, changer de levure, avec plus de beurre, moins de beurre... TOUT! Mais rien. Jamais la moindre bosse n'est apparue.
J'ai tout récemment tenté une autre version : cette fois, j'ai laissé reposer ma pâte 6 heures au frigo selon les conseils et la recette d'un pâtissier professionnel qui obtient des madeleines parfaites. Alors-là, je dois dire que la madeleine était vraiment parfaite : la texture était impeccable, moelleuse, fondante et légerement aérée. Le goût était authentique. Mais je n'ai eu qu'une seule madeleine à bosse! Une seule sur 16!?!
Alors vous qui maîtrisez la bosse de la madeleine... HEEEEEEEEEELP...
MADELEINE de COMMERCY...supposément avec bosse

Pour une vingtaine de madeleine
- 2 oeufs à température de la pièce
- 100 g de beurre fondu
- 100 g de sucre
- 125 g de farine
- 50 ml de lait
- 5 grs de levure ou poudre à pâte
- 1 zeste de citron
- 5 gouttes d'essence d'amandes
- 15 ml de rhum (facultatif)
- Mélanger les ingrédients 1 à 1
- Laisser la pâte au frigo 6 à 10 heures
- Préchauffer le four à 220c. (430f.)
- Cuire dans les moules bien beurrés environs 10 minutes ou jusqu'à que les madeleines soient bien dorées.
- Se conservent 3 semaines dans une boîte en métal.

11 février 2009
Tu veux un gâteau au chocolat? J'ai des pois chiches!
Un soir, conjoint-chéri revient avec un morceau de gâteau au chocolat que lui a donné sa collègue de travail (Pascale, je te salue!) et me fait goûter. "Comment tu trouves?" me demande-t-il avec un brin de malice dans les yeux. Bon, ça va, j'ai compris, y'a un piège, un truc, quelque chose de pas net dans ce gâteau au chocolat.
Mais le problème, c'est qu'il est plutôt bon, fondant, un vrai bon goût de chocolat. Allez je me lance; un peu n'importe comment faut dire, car je ne lui trouve pas grand défaut : "heu...?!? pas trop sucré; c'est un gâteau pas-de-sucre?", "...", "Non? bon!... heu? il granule à peine...c'est un gâteau à la semoule, c'est ça...?", "...", "C'est pas ça non plus. C'est pas du chocolat? c'est du yaourt? de la compote? des bananes écrasées? du thon?", "Non. Non. Non. et non; cherche encore!", "Oh! Je suis tannée, j'trouve pas...et puis pourquoi pas des pois chiches tant qu'à y être!!!"
"GAGNÉ!"
"...?"
GATEAU BLUFFANT AU CHOCOLAT

Pour 6 à 8 personnes
2 oeufs
370 g de pois chiches rincés et égouttés (1 boîte de 540 ml)
200 g de chocolat noir corsé (65% ou plus)
100 g de dattes dénoyautées + 180 ml d'eau
1 grosse cuillère à soupe de poudre à pâte ou 1 sachet de levure chimique
1 cuillère à soupe de vanille ou autre arôme (amandes, café, zestes d'oranges, cannelle, etc.)
Préchauffer le four à 350f. (180c.)
Amener l'eau à ébullition et y mettre les dattes pour 5 minutes
Dans le bol d'un robot, verser les dattes et l'eau + le chocolat
Mélanger
Ajouter le reste des ingrédients 1 par 1 jusqu'à obtenir un mélange onctueux. La masse est assez compacte, c'est normal mais si elle est vraiment dense vous pouvez l'assouplir un peu avec d'eau.
Verser dans un moule beurré.
Enfourner pour 30 à 45 minutes selon la grosseur et la hauteur de votre moule. J'ai opté pour un petit moule (22 cm) pour avoir un gâteau bien épais et très fondant. Si vous préférez un gâteau un peu moins humide, choisissez un moule plus large.
Faire refroidir. Se mange froid et se congèle très bien.
Bluffant! C'est le seul mot qui me vient à l'esprit pour décrire ce gâteau. On s'y casse les yeux, le nez et les papilles. Seule la texture peut trahir la présence des pois chiches mais encore faut-il être aguerri! Les dattes apportent la note sucrée, mais une note légère. Un gâteau bon et fondant, sans sucre ajouté, sans gluten, sans lactose. Le seul impératif : utiliser un très bon chocolat noir bien corsé. À essayer et à adopter sans aucune culpabilité!
Je vous mets au défi de l'essayer et de le faire goûter à vos proches sans rien dire. Vous serez surpris des réactions! Venez-me les raconter...

05 février 2009
Un Oscar dans ma cuisine : Slumdog Millionaire
Il est rare sur mon blog que je sorte de ma cuisine en matière de billets d'humeur. Pourtant aujourd'hui, je ferais digression à la règle.
Cet hiver, mon emploi du temps me permet d'avoir du temps libre (oui, oui, vous avez bien lu ceux qui me connaissent, j'ai bien écrit "temps libre"...). Je m'organise pour en profiter au maximum et c'est ainsi que j'ai renoué avec les séances de cinéma que j'avais délaissé depuis l'arrivée des mini-Carotte. Pour les prochains temps, je me suis lancée comme défi de voir un maximum de films en nomination aux prochains Oscars du 22 février 2009 car la liste de la cuvée 2008 me semblait prometteuse. Et pour me distraire encore plus, je cuisinerais un plat que le film m'aura inspiré.
***
Ma liste en main et l'horaire du ciné en poche, j'ai commencé par un film très peu médiatisé au Québec mais dont le bouche à oreille commence à faire un effet boule de neige et remplit les salles qui projettent le très mordant Slumdog Millionaire (traduit au Québec par le Pouilleux millionaire -traduction lamentable soit dit en passant-) de Danny Boyle (Petits meurtres entre amis, Trainspotting). Le film, tiré d'un livre, raconte comment Jamal, un jeune Indien sans éducation issu des bidonvilles de Mumbaï, est sur le point de remporter 20 000 000 de roupies au jeu télévisé Qui veut gagner des millions? Avant la finale, il devra justifier comment il connaissait les réponses qui lui ont permis de gravir les niveaux du jeu. Un suspens aussi passionnant qu'enlevant alors que chaque réponse trouvera sa source dans un événement dramatique de la vie cahotique du jeune Jamal. En fil conducteur, une histoire d'amour et d'un destin où "tout est écrit...".

Un film coup de poing à la fois beau et effrayant qui a obtenu 10 nominations aux Oscars dont Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur montage, Meilleure adaptation, etc. Pour moi, un véritable coup de foudre : un film bien écrit, bien monté, bien joué par des acteurs peu ou pas connus mais très charismatiques. Un film qui se tient loin de l'apitoiement et du misérabilisme. J'ai aimé la touche Bollywood à la toute fin.
À voir sans aucune restriction pour son côté piquant, doux et sucré à la fois comme un...
...CURRY INDIEN DE PORC TRÈS ÉPICÉ, CARDADOME ET ABRICOTS

- 500 g de filet ou de longe de porc
- 1 cuillère à thé de pâte de curry rouge (très, très piquant. En mettre la moitié si vous craignez les plats très relevés)
- 1/2 jus de citron
- 2 cuillères à soupe de sauce soja
- 1 cuillère à soupe de cassonnade
- 2 cuillères à soupe d'huile végétale
- 1 oignon émincé
- 1 poivron rouge en gros morceaux
- une douzaine d'abricots secs
- 2 cuillères à café de cardamome moulue
- 1 boîte de lait de coco
- Détailler le porc en fines lanières
- Les faire mariner 4 heures avec la pâte de curry, la sauce soja, la cassonnade, le jus de citron et l'huile
- Bien égoutter et réserver la marinade
- Faire dorer rapidement le porc et réserver.
- Dans la même poêle, faire suer l'oignon, le poivron et les abricots dans un peu d'huile.
- Ajouter la cardamome et faire revenir 1 à 2 minutes.
- Ajouter le porc et le lait de coco.
- Saler et mener à ébullition.
- Baisser le feu au minimum et laisser mijoter à couvert 40 minutes.
- Découvrir les 5 dernières minutes de cuisson.
- Servir avec quelques feuilles de coriandre fraîches.

02 février 2009
Alfarojes ou la damnation argentine.
Je n'ai découvert cette divine gourmandise que l'année passée dans un magasin de la rue Saint-Laurent à Montréal : La Librairie Espagnole (voir plus référence plus bas). Avant d'être une librairie, c'est avant toute chose une Institution sur la Main de Montréal, c'est LA boutique d'importation de produits en tout genre, sud-américains en particulier, ibériques en général. Un vrai bazar qui regorge de petits trésors pour lesquels vous ne savez plus où donner de la tête (saucissons, fromages, cacao, dulce de leche, tortillas, poteries, vaisselle, castagnettes, disques, etc.)
Et puis juste avant de payer vos 6 pots de Dulce de Leche et vos 3 chorizos, vous les apercevez, là, tous seuls, sous leur cloche en verre, au bout du comptoir, entre les savonnettes à la figue et les autocollants du Real Madrid...
...ils sont gros, ils sont tendres, ils dégoulinent. Ils vous appellent, C'EST ÉVIDENT! Vous en achetez un et sitôt passez la porte vous mordez dedans, et là, le ciel s'entrouvre. Vous oubliez le crissement des pneus d'un automobiliste trop pressé, le mordant froid de janvier, la neige sale des trottoirs, les gens qui bousculent. Il n'y a que vous et lui, seuls au monde au milieu du trottoir.
J'ai gardé cet impérissable souvenir 1 an avant d'y retourner et d'en remanger il y a 3 semaines; et que cette fois-ci, j'ai voulu refaire de retour à la maison.
Alfarojes (petits gâteaux à la confiture de lait)*

*Les alfajores sont traditionnels de la pâtisserie argentine mais on les retrouve dans les autres pays hispaniques, parfois glacés de chocolat blanc ou noir, parfois à trois étages, parfois enrobés de noix de coco mais toujours garnis de Dulce de Leche (confiture de lait) et non de confiture.
Pour environs une vingtaine de gros alfajores:
250 g de fécule de maïs ou de Maïzena
150 g de farine
185 g de beurre mou
130 g de sucre
2 jaunes d'oeufs
1 oeuf entier
2 cuillère à café rase de levure chimique (poudre à pâte)
1/2 zeste de citron
1 cuillère à café de vanille
4 grosses cuillères à soupe de noix de coco râpée
confiture de lait au goût (mais beaucoup c'est mieux)
- Préchauffer le four à 180c. (350f.)
- Battre le beurre et le sucre en crème
- Ajouter les oeufs un à un
- Ajouter la vanille et les zestes. Bien mélanger.
- Mélanger la farine, la fécule et la levure ensembles.
- Mélanger RAPIDEMENT les deux préparations SANS PÉTRIR. IL NE FAUT QUE TRÈS PEU TRAVAILLER LA PÂTE AFIN QUE LES BISCUITS RESTENT FONDANTS ET LÉGERS, SINON ILS SERONT BOURRATIFS et LOURDS.
- Mettre la pâte 20 minutes au frigo.
- L'abaisser délicatement (la pâte est fragile) et détailler des biscuits de 5 cm de diamètre et 5 mm d'épaisseur.
- Les mettre sur une plaque et cuire 10 minutes. ILS NE DOIVENT PAS DORER MAIS RESTER PÂLES.
- Laisser refroidir.
- Coller deux biscuits avec une généreuse couche de confiture de lait que vous laisserez légèrement débordée.
- Les rouler dans la noix de coco râpée.
- Déguster le jour même!

Mes alfajores n'ont pas surpassé ceux de la Librairie Espagnole car j'ai eu un peu de difficulté avec la pâte qui est très délicate à manipuler. En effet, il est indispensable de ne pas travailler la pâte et de tout juste mélanger les ingrédients. Je ne le savais pas au moment de faire la recette, mes biscuits étaient donc beaucoup moins fondants. Le prochain essai devrait me donner des résultats très proches de ce que je recherche. Mise à part cette petite difficulté technique ne vous privez pas de cette damnation sucrée...
Référence : Librairie Espagnole, 3811 St Laurent - Montréal, QC. Les alfarojes de la Librairie Espagnole sont faits-maison par une dame argentine qui fournit le magasin en petite quantité mais presque quotidiennement. Fraîcheur assurée.





